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mercredi 1 septembre 2010

Nous, Québecois, et l'argent

"Oh, Gertrude! Tu as une bien jolie robe!"
"Euh... ouin.. merci... Je l'ai eu en solde..."

"Quel délicieux filet mignon, tu nous reçois en grand Alphonse."
"Bah tu sais, c'était à moitié prix cette semaine dans la circulaire."

"Wow! Tu as réussi tes études de médecine."
" Oui mais je n'ai pas eu encore d'enfants moi... toi tu en a 2 chanceuse."

Des phrases comme on en entends souvent ici.
Les Québecois ont un rapport tordu avec l'argent (et la réussite).... En avoir c'est une honte.
Se payer du luxe, c'est sacrilège. Être en haut de l'échelle un secret.

Ou bien nous n'arrivons pas à accepter les compliments, dénigrement systématique : "Oh! Cette vieille chose? Elle traînait dans un tiroir" au lieu de "Merci, c'est très gentil de le remarquer."

Ou vraiment, avoir de l'argent ou simplement se payer du luxe est si mal vu qu'on se croit obligé de minimiser. C'est vrai que l'art de "péter plus haut que le trou" n'est pas très respecté, mal toléré. Les gens sont si facilement jaloux de leur voisin.

Apparement c'est propre à notre culture. Des restes latents de l'éducation religieuse que nos ancêtres ont reçu. Charité. Pauvreté. Simplicité.

J'en conviens, se sont de belles qualités humaines, nécessaires au bien commun.

Mais qu'y a t-il de mal à être fier de sa réussite? À être heureux d'une rénovation? À s'extasier devant une nouvelle robe griffée qu'on s'est offerte?

Notre bonheur, ne devrait-il pas satisfaire nos parents et amis?
Quand cesserons-nous de faire du "Oui Mais"... Et s'exclamer OUI tout court?

Qu'en pensez-vous?